La nuit.
Ces instants de la nuit, sans bornes, sans repères
Ces visions infinies, sans ligne d’horizon,
Ces images dans le noir que l’on cherche, que l’on perd
Profonde obscurité, le néant est prison.
On devine en un bruit, les choses qui se passent
Le chien ses aboiements, ses craintes et les nôtres
Bruits d’ailes d’un oiseau qui sans laisser de trace
Est parti d’une branche pour s’en aller dans l’autre.
Tout cela sans image, seule l’imagination
Peut nous créer le film d’une vie invisible
On croit voir des formes, des hallucinations
Qui lorsqu’on les découvre peuvent être risibles.
C’est le bruit de l’horloge, du balancier qui bat
Comme un cœur il fait vivre et s’écouler les heures
Pendant que le sommeil que l’insomnie combat
Nous fatigue les yeux, et augmente nos peurs.
Quelqu’un dans l’escalier, on devine l’étage
Que des pas hésitants dans le noir vont atteindre
La clef dans la serrure dont la clef au grattage
Raye toute la porte que l’on devra repeindre.
Ronflements de sommeil, cris d’amour, de plaisir
Eternuements soudains, vidange d’une chasse
Grincement d’un sommier qui commence à vieillir
Bêlement des moutons qu’un insomniaque pourchasse.
Puis les bruits de la rue, rallument la lumière
Le camion des poubelles, la première mobylette
Quand la nuit doucement se retrouve à hier
La vision de la vie devient alors plus nette.
André. M.






